Le projet « Chez le Père Magraine »

Chez le Père Magraine, c’est un projet d’entreprise semencière en agronomie systémique ! Qu’est-ce que ça implique ? D’où vient cette idée ? Qui est à l’origine du projet ? On vous dit tout !

 

L’origine du projet « Chez le Père Magraine »

Notre projet découle d’abord d’une envie : répondre à la dégradation de notre environnement (autant que l’on pourra avec nos tout petits bras 😀 ) . N’étant pas issu.e.s du monde agricole, nous avons entrepris de découvrir ce milieu, à travers des visites de lieux, mais aussi grâce à des recherches documentaires. Nos observations et nos lectures nous ont ainsi poussé.e.s à nous intéresser à l’approche systémique appliquée à l’agriculture (qu’on appelle plus facilement « agronomie systémique »). Nous nous sommes d’abord penché.e.s sur la permaculture, parce qu’elle s’inspirait de cette approche, avant d’arriver « à la source » de ce qui nous intéressait vraiment (l’agronomie systémique donc).

Au cours de notre recherche, nous avons fait certains constats :

  • L’approche systémique appliquée à l’agriculture est mal connue :  bien qu’elle soit abordée et partiellement utilisée par la permaculture et l’agroécologie, l’approche systémique appliquée à l’agriculture n’est que peu diffusée. Complexe, elle souffre également du manque de vulgarisateur.trice.s capables de transmettre ses méthodes et résultats auprès d’un public qui n’est pas spécialiste.
  • Il n’y a que peu d’expérimentations utilisant l’approche systémique appliquée à l’agriculture de façon stricte : c’est un autre défaut de l’agronomie systémique. Récente, cette approche n’est (à notre goût) que trop rarement employée de la conception d’un lieu à la diffusion de ses résultats.
  • L’agriculture est traversée par un débat idéologique : face au manque d’informations et de vulgarisation à disposition des agriculteur.trice.s et du public, c’est le débat de principe qui prend le pas dans l’agriculture. Nous aimerions au contraire travailler à la diffusion des savoirs de façon non-partisane et neutre, afin de pouvoir nous adresser à tou.te.s et participer à l’évolution des pratiques.

Ces constats nous ont mené.e.s à considérer le rôle de vulgarisateur.trice.s que nous pourrions jouer (à vous de juger si nous le faisons bien en parcourant ce blog !) : à l’origine, notre projet était strictement personnel puis il est devenu un projet également professionnel lorsque nous avons compris que notre parcours pourrait être utile à d’autres personnes.

Mais alors, pourquoi produire des graines ? Nous pensons simplement qu’il s’agit d’une activité adéquate pour l’expérimentation que nous souhaitons engager : produire les semences de multiples espèces et de multiples variétés sur un même terrain nous permettra d’appliquer l’approche systémique de la graine… à la graine ! Autrement dit, l’activité est idéale pour étudier le sujet de la façon la plus globale possible : les résultats que nous produirons pourront ainsi servir à de multiples autres activités (maraîchage, herboristerie etc).

La nature expérimentale de notre projet a été un autre facteur qui a motivé notre choix d’activité : elle implique un risque important, et choisir une activité qui commercialisera des produits à « haute valeur ajoutée » que sont les semences nous semble être un moyen de contrer ce risque et de rendre le projet crédible, et possible.

Enfin, attaché.e.s à notre région (les Hauts de France), nous aimerions participer à la dynamique locale en faisant de notre futur lieu un lieu de vie et de découverte, pour les écoles, le public, les agriculteur.trice.s, mais aussi pour les chercheur.e.s.

 

La définition du projet « Chez le Père Magraine »

Le Père Magraine, c'est moi ! - Chez le Père Magraine

Nous avions identifié notre envie, trouvé un nom pour notre projet, mais ses contours étaient encore bien flous, d’autant que notre expérience en portage de projet était faible. Quelle forme allait-il prendre ? Une association ? Une entreprise ? Autre chose ? Au fil de (nombreuses) recherches, de (nombreuses) discussions et de quelques formations, nous pensons avoir défini les contours de ce qui nous permettra de concrétiser au mieux notre projet : .

  • Un double statut : l’activité agricole de notre projet se réalisera sous le statut d’EARL (Entreprise Agricole à Responsabilité Limitée) et les activités socio-culturelles sous le statut d’association.
  • Une taille humaine : notre objectif étant d’être utiles sans être nuisibles, nous sommes convaincus qu’il est important de ne pas produire plus que nécessaire et de conserver notre activité à l’échelle humaine. Ainsi, notre projet n’a pas vocation à grossir : notre capacité de production (le temps de travail que nous pouvons fournir dans notre propre respect) ainsi que la capacité naturelle de nos futures terres seront notre limite.
  • Une entreprise « multi-produits » capable d’évoluer : nous ferons de la semence, c’est acté ! Mais les plantes ne produisent pas que des semences ! C’est pourquoi une partie de notre travail sera de valoriser ces « productions annexes » : maraîchage, produits transformés, herboristerie, plants, etc. En plus de nous permettre de nous réorienter en cas de besoin (si jamais nos graines ont eu tellement de succès que plus personne n’en a besoin !), nous prenons l’assurance d’éviter un énorme gaspillage de ressources.
  • De faibles investissements pour plus de liberté économique : le modèle agricole actuel, même biologique, repose principalement sur une mécanisation extrême et à base de pétrole. L’objectif est de produire plus, mais au prix d’investissements qui augmentent les besoins financiers des agriculteurs, forcés de se mécaniser encore davantage. D’après nous, il s’agit là d’un premier rouage productiviste, que nous souhaitons éviter. Nous aimerions au contraire, grâce à l’approche systémique, développer une mécanisation minimale (donc moins coûteuse), qui respecte au mieux les impératifs écosystémiques.
  • Une expérience qui doit servir à d’autres : il se peut que notre expérience soit utile au parcours d’autres personnes, aussi nous communiquons autant que possible. Nous nous sommes également fixé une règle en la matière : tous les savoirs que nous produisons dès à présent sont et resteront accessibles gratuitement !
  • Une rigueur scientifique : nos travaux suivent la méthodologie de documentation scientifique. On récolte d’abord les données scientifiques, les expériences qu’on a à disposition dans un corpus bibliographique que nous passons en revue. On croise ensuite nos sources afin de déceler les consensus ou les contradictions, afin de nous assurer de la validité de nos propos.

 

Les membres du projet « Chez le Père Magraine »

Chez le Père Magraine, c’est un projet porté par 4 personnes !

Pour en savoir un peu plus sur notre parcours, c’est ici !

 

L’historique du projet

Depuis 2016, nous effectuons des recherches documentaires sur tous les sujets traversés par l’agronomie systémique, et nous partageons nos résultats avec vous depuis Juin 2017 sous la forme de publications qui se trouvent sur ce blog (on vous invite à nous suivre et à aimer notre page Facebook !) ! En 2018, nous avons suivi des formations (dont un CCP), qui nous ont permis de nous réorienter vers l’agronomie systémique.

 

Où en sommes-nous ?

À l’heure actuelle, nous poursuivons notre recherche documentaire, mais ce n’est pas tout ! Nous entrons dans le vif du sujet, en recherchant quelques hectares de terre dans notre région (si vous avez des pistes, n’hésitez pas !). Nous sommes également à la recherche de partenaires pour mettre au point un réseau d’agronomie systémique capable de réunir agriculteur.trice.s, vulgarisateur.trice.s et chercheur.e.s : on vous en dit plus très vite !

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