Le Manuel pratique du Père Magraine N°2 – Évaluer la texture de son sol

À quoi ça sert d’évaluer la texture de son sol ? Votre sol est-il sableux, limoneux, argileux ? Dans quelles proportions ? Découvrons-le ensemble !

1 – Avant-propos

2 – Matériel nécessaire

3 – Protocole

4 – Évaluer la texture de son sol – Méthode 1 : l’évaluation au toucher

5 – Évaluer la texture de son sol – Méthode 2 : le test de la bouteille

6 – Traiter les résultats

7 – Cas particuliers

8 – Dresser la carte des textures

9 – Que faire du contenu des bouteilles testées ?

10 – Envie de contribuer ?

11 – Bibliographie

12 – Pour citer ce document

 

 

MPAvantPropos

Avec le premier manuel pratique du Père Magraine (disponible à cette adresse), vous avez pu réaliser la carte topographique de votre terrain. Il est temps de considérer à présent d’autres caractéristiques, en commençant par évaluer la texture de son sol ! Ce qu’on appelle la “texture” d’un sol, c’est la répartition en quantité des particules qui le composent : les plus petites (les argiles), les particules de taille moyenne (les limons), et les plus grosses (les sables). Ainsi, un sol contenant en majorité des petites particules aura une texture argileuse, un autre contenant une majorité de particules de taille moyenne aura une texture limoneuse, encore un autre contenant une majorité de particules de grosse taille aura une texture sableuse. La texture d’un sol qui contient ces trois tailles de particules en proportions à peu près égales est dite “équilibrée”. Il existe un grand nombre de textures qui ne sont pas citées ici (pour l’instant !). Pour résumer, la texture d’un sol, c’est sa composition en particules.

Vous le savez peut-être déjà, mais les végétaux ont leurs préférences en terme de texture, pour des raisons très pratiques : un sol trop argileux peut par exemple étouffer les racines d’une plante qui n’y est pas adaptée, alors qu’il serait le lieu d’implantation parfait pour une autre qui a besoin d’une terre lourde. Il est donc essentiel d’identifier la ou les textures de son sol pour de belles cultures !

Que vous disposiez d’une très grande surface ou d’un petit jardin, il est possible d’y rencontrer différentes textures de sols pour diverses raisons. Mais pas d’inquiétude : le protocole suivant va vous aider à pré-repérer ces différences ! À l’issue de ce manuel, toutes les données que vous aurez récoltées seront utilisées pour dresser une nouvelle carte qui sera incrémentée lors des prochains numéros par (notamment) la nature et la salinité de votre sol : cet outil sera très utile, voire indispensable, et très personnel !

 

 

MPMaterielNecessaire2

  • Votre carte établie lors du Manuel pratique N° 1 + du papier calque + du papier + des crayons de couleurs différentes ou votre carte en format numérique éditable
  • Du matériel de prise de notes
  • Un transplantoir ou tout autre outil pour prélever de la terre
  • Une ou plusieurs bouteilles transparentes et lisses d’1 litre (pour la méthode 2) de préférence en verre et avec un goulot large
  • Une règle ou tout autre outil de mesure des tailles (pour la méthode 2)
  • Un tamis (maille 2mm, pour la méthode 2)
  • De l’eau oxygénée (peu importe le dosage, pour la méthode 2)
  • Des cristaux de soude (pour la méthode 2)

 

 

MPProtocole

Première étape : préparer une carte vierge

MPMap4

Si vous avez réalisée votre carte topographique sur papier, calquez-la mais ne la colorisez pas. Si vous l’avez réalisée via un logiciel de création graphique, dupliquez-la et supprimez les couleurs du duplicata, de façon à ne conserver que les tracés.

Deuxième étape : repérer et noter les potentielles différences de textures sur votre terrain

Commencez par observer votre terrain en vous posant ces questions :

  • En temps de pluie, avez-vous déjà remarqué qu’à certains endroits, l’eau était absorbée plus rapidement ou plus lentement qu’ailleurs ?
  • Après des pluies, observez-vous des gonflements en certains endroits ?
  • Toujours après des pluies, certaines zones de votre terrain ont-elles tendances à former de la boue ?
  • En temps de fortes chaleurs, votre terre se craquelle-t-elle en certains endroits ?
  • Des plantes bio-indicatrices (poussant spontanément sur votre terrain) se limitent-elles à certaines zones ?

Délimitez grossièrement des zones sur la base des informations que vous avez obtenues. À ce stade, vous devriez pouvoir définir sur votre terrain :

  • Une zone majoritaire ou totale : c’est la plus grande zone qui se comporte de la même façon. Si votre terrain semble homogène, vous n’aurez qu’une seule zone qui sera totale.
  • Aucune, une ou plusieurs zones minoritaires : ce sont des zones qui se comportent différemment de votre zone majoritaire.

Notez ces endroits sur votre carte en plaçant un point au centre de chaque zone que vous avez pu définir. Pensez à les nommer de façon à pouvoir organiser facilement vos expériences et vos résultats.

Sur cet exemple, la zone « A » est la zone majoritaire, les zones suivantes (B C D et E) sont nommées de la plus grande à la plus petite.

Voilà, vous venez de dresser la liste des zones à tester !

L’info en + du Père Magraine : il est possible que les différentes zones que vous avez relevées n’indiquent pas des différences de texture, mais des différences d’autres caractéristiques du sol (de pH par exemple). Ainsi, si vous découvrez à l’issue du test que vos différentes zones ont une texture similaire, ne mettez pas en cause pour autant l’identification des zones que vous avez faite : lors des prochains numéros, ces zones seront testées sous d’autres angles.

 

 

C'est parti !

Évaluer la texture de son sol – Méthode 1 : l’évaluation au toucher

Cette première méthode est surtout présentée ici dans un but pédagogique : elle vous permettra de vous familiariser concrètement avec la notion de texture qui peut parfois sembler trop théorique ou trop technique. Elle est simple et rapide mais comme vous le verrez, elle ne peut donner des résultats que peu précis, c’est pourquoi nous vous conseillons de l’utiliser uniquement pour votre expérience personnelle et/ou celle de vos enfants ! 🙂

Creusez le sol sur quelques centimètres de profondeur, à un point marqué sur votre carte. Réalisez ensuite les 3 expériences suivantes !

 

Expérience 1 : La rugosité

MPObjet1Humectez un peu de la terre prélevée (si elle n’est pas déjà humide) et prenez-la dans vos mains. Sentez-vous une rugosité entre les doigts ?

  • Non : votre sol contient moins de 15% de sables.
  • Oui : votre sol contient entre 15 et 50% de sables.
  • Oui, l’échantillon s’effrite quand je le manipule : votre sol contient plus de 50% de sables.

 

Expérience 2 : La tenue

MPObjet2

Prenez une poignée de terre dans vos mains. Parvenez-vous à former un boudin et à en faire un anneau ?

  • Non, c’est impossible de former un boudin : votre sol contient moins de 20% d’argiles.
  • Non, le boudin casse en essayant d’en faire un anneau : votre sol contient entre 20 et 30% d’argiles.
  • Oui, je suis trop fort.e : ou alors, c’est que votre sol contient plus de 30% d’argiles !

 

Expérience 3 : La douceur

MPObjet3

Prenez une poignée de terre dans vos mains, et malaxez-la. Son toucher est-il soyeux, doux ?

  • Non : votre sol contient peu de limons.
  • Oui : votre sol est riche en limons.

Comme vous pouvez le voir, c’était simple ! Mais vraiment trop peu précis pour déterminer le rapport entre les proportions des 3 tailles de particules. Voyons la seconde méthode !

 

 

Évaluer la texture de son sol – Méthode 2 : le test de la bouteille

Certes, cette méthode demande un peu de patience et de porter des gants, mais elle ne prend que quelques minutes, et permet d’évaluer la texture de son sol de façon suffisamment précise.

MPObjet41 – Prenez autant de bouteilles vides qu’il y a de zones identifiées sur votre terrain. Sur chaque bouteille, inscrivez le nom d’une zone.

MPObjet52 – À chaque point de votre carte, prélevez de la terre sur 10 cm de profondeur (en excluant les premiers centimètres) et tamisez. Placez l’échantillon dans la bouteille transparente correspondante et versez-y l’eau oxygénée (suffisamment pour mouiller tout l’échantillon). De cette façon, les composés organiques ne lieront pas les limons entre eux, c’est important ! Réalisez cette étape pour chaque point noté sur votre carte. Si vos échantillons moussent, laissez-les reposer en laissant les bouteilles ouvertes, jusqu’à ce que la réaction cesse.

MPObjet73 – Dans un récipient à part au volume adapté, en portant des gants, placez d’abord les cristaux de soude (1 cuillère à soupe par bouteille d’1 litre à remplir, ils sont là pour empêcher les argiles de couler, ce qui fausserait le test). Ajoutez ensuite l’eau (75 cL par bouteille à remplir) et mélangez.

L’ordre est important : verser les cristaux de soude dans l’eau peut entraîner une réaction violente. C’est également pour cette raison que le mélange doit se faire dans un récipient à part : vos bouteilles contiennent déjà l’eau oxygénée.

Note : si vous utilisez de l’eau du robinet, pensez à la dé-chlorer en la laissant reposer à l’air libre durant au moins 1h.

4 – Versez l’eau « soudée » dans une bouteille avec échantillon jusqu’aux 3/4, mélangez vigoureusement pendant 5 minutes puis placez la bouteille de façon à ce qu’elle soit stable. Retirez ensuite le bouchon de la bouteille pour éviter une éventuelle montée de la pression. Avant de réaliser cette étape pour les autres bouteilles, on vous conseille d’abord de suivre l’étape 5 pour celle dont vous vous occupez.

5 – Au bout de 40 secondes, mesurez la taille du premier dépôt : c’est la couche des sables, notez bien la valeur que vous avez mesurée ! La prochaine mesure ne devant être faite que 30 minutes plus tard, vous avez le temps d’effectuer l’étape 4 pour une autre bouteille.

6 – Au bout de 30 minutes, mesurez à nouveau le dépôt : soustrayez la mesure de la couche des sables, et vous obtenez la taille de la couche des limons ! À partir d’ici, vous pouvez poser le bouchon sur la bouteille (sans le visser).

7 – Au bout de 2 ou 3 jours, mesurez le dépôt final : soustrayez-y les mesures de la couche des sables et des limons pour obtenir la taille de la couche des argiles !

8 – C’est parti pour un peu de mathématiques ! Prenez la taille du dépôt final. Pour connaître le pourcentage de chacun des types de particules, divisez sa valeur mesurée par la taille du dépôt final. Multipliez ce résultat par 100, et répétez l’opération pour les 2 autres types.

Exemple concret : ma couche de sables mesure 2,5 cm, ma couche de limons 2,1 cm et ma couche d’argiles 3 cm. La taille de mon dépôt final est de 7,6 cm. Pour connaître le pourcentage de sables, je divise la taille de leur couche (2,5cm) par la taille du dépôt final (7,6 cm), soit 2,5 / 7,6 = 0,329. Je multiplie par 100 pour avoir le pourcentage, soit 32,9 % de sables dans mon sol. Dans cet exemple, le sol est constitué de 32,9 % de sables, de 27,6 % de limons et de 39,5 % d’argiles.

 

 

Traiter les résultats

Vous allez pouvoir traduire ces résultats chiffrés grâce au triangle des textures : cette figure fait vraiment peur, mais il s’agit d’un outil très pratique et qui fonctionne simplement (pour tout dire, vous n’aurez pas besoin de le comprendre pour l’utiliser). Imprimez le triangle des textures disponible ci-dessous, ou téléchargez cette image pour pouvoir la modifier avec un logiciel de création graphique.

Triangle des textures

Cliquez pour ouvrir l’image dans un nouvel onglet !

Reportez sur chacun des côtés du triangle le pourcentage calculé pour le type de particules correspondant. À présent, tracez une droite depuis chaque point, parallèle à l’axe précédent (très concrètement, pour tracer la droite des argiles, partez du point que vous avez placé sur le côté « argiles » du triangle, et tracez une droite parallèle à l’axe des sables, pour les limons, cette droite doit être parallèle à l’axe des argiles, et pour les sables, parallèle à l’axe des limons). L’endroit où les 3 droites se croisent vous indique de quel type est votre sol ! Un exemple est disponible ci-dessous !

Triangle des textures 2

 

 

Cas particuliers

Dans certains cas, les résultats peuvent être difficilement lisibles :

Mon échantillon est trop noir pour être lisible

Cela peut arriver si votre sol est riche en composés organiques (comme les acides humiques). Cela arrive également lorsque l’échantillon de terre placé dans la bouteille est trop important : dans les deux cas, recommencez l’expérience en utilisant moitié moins de terre.

 

Mon échantillon mousse beaucoup

Ceci est du à la réaction entre l’eau oxygénée et le matériel organique fortement présent dans l’échantillon. Si cela gène la lecture des résultats, recommencez l’expérience en prélevant un échantillon de terre un peu plus profondément que la première fois. Dans tous les cas, si votre échantillon mousse, ouvrez la ou les bouteille(s) pour éviter que la pression ne monte trop.

 

 

Dresser la carte des textures

Selon que vous ayez un seul ou plusieurs types de textures, cette dernière étape sera plus ou moins longue :

  • Votre sol ne présente qu’un type de texture : ne prenez pas la peine de coloriser votre carte. Indiquez seulement sur votre carte topographique que votre sol est de telle texture.
  • Votre sol présente plusieurs types de textures : créez une nouvelle carte vierge et coloriez-la en suivant la légende du triangle des textures.

Carte des textures

Voilà, c’est fait ! Vous avez franchi un nouveau pas dans la connaissance de votre environnement de culture ! Évaluer la texture de son sol, c’était la première étape d’un diagnostique complet que vous forgerez manuel après manuel !

 

 

Que faire du contenu des bouteilles testées ?

MPObjet14C’est vrai ça, que faire du contenu de vos bouteilles une fois votre expérience terminée ? Vous pouvez rendre à votre sol sa contribution, et on vous explique pourquoi ! Étudions rapidement les produits utilisés :

  • L’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) : en soi, l’eau oxygénée n’est pas dangereuse, mais elle est désinfectante et peut dégrader les matières organiques. Si votre bouteille présente des résidus à la surface, vous n’avez pas à vous inquiéter : cela signifie que toute l’eau oxygénée a été transformée. Dans le cas contraire, ajoutez de la matière organique (compost par exemple) afin de la dégrader et d’être sûr-e de ne pas chambouler la vie du sol.
    • En quoi se transforme-t-elle ? En eau, et en oxygène, donc pas de problème de ce côté-là !
  • Les cristaux de soude (carbonate de sodium) : ce produit est irritant, mais il n’est pas toxique pour l’environnement. Il est cependant très basique (son pH est élevé), et pourrait modifier le pH de votre sol. Pour annuler ses effets, testez le pH de votre bouteille à l’aide de papier pH. Si le résultat est plus élevé que 7, ajoutez du vinaigre (goutte à goutte, la réaction pouvant être violente si le pH est très élevé) jusqu’à atteindre cette valeur : son pH sera alors neutre.
    • En quoi se transforme-t-il ? : Le carbonate de sodium, dans ce cas, va se transformer en carbonate de calcium, donc en rien de bien méchant : les coquilles de nombreux animaux en sont constituées ! Il va également produire des ions Na+ (sodium), qui pourraient réagir avec le chlore présent dans l’eau du robinet, ce qui pourrait produire du sel : c’est pourquoi, si vous utilisez l’eau du robinet, vous devez la laisser reposer 1h à l’air libre avant de l’utiliser (pour que le chlore disparaisse).

Voilà, c’est tout ! Vous pouvez rendre à la terre les échantillons que vous avez prélevés, sans craindre de l’endommager !

 

 

Envie de contribuer ?

Vous avez déjà expérimenté cette technique ? Vous connaissez une ou plusieurs astuces pour l’améliorer, faciliter sa mise en place ? Vous avez relevé une erreur ? N’hésitez pas à partager vos cartes et vos idées en commentaires, nous enrichirons ce manuel en conséquence !

 

 

Bibliographie

 

 

Pour citer ce document

Vous pouvez librement faire référence à ce contenu dans vos articles, nous vous demandons simplement de citer l’article et son auteur de la façon qui suit :

BEN BELAÏD S., Le Manuel pratique du Père Magraine N°2 – Évaluer la texture de son sol [en ligne], Chez le Père Magraine, 19/11/2017, 29/08/2018 [consulté le XX/XX/XXXX], disponible sur : https://chezleperemagraine.com/blog/manuel-pratique-n2-evaluer-la-texture-de-son-sol/

Il vous suffit de remplacer « XX/XX/XXXX » par la date à laquelle vous avez consulté cet article 🙂

Toute reproduction du contenu de cet article, même partielle, est strictement interdite sans l’accord de l’auteur.

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13 Replies to “Le Manuel pratique du Père Magraine N°2 – Évaluer la texture de son sol”

  1. Bonjou et merci pour ce document qui synthétiste parfaitement ces test trés efficaces 😉 par contre Il me semble que dans le cas des Argiles illites et montmorillonite, l’ajout de sodium Na par la soude fait justement floculer ces particules d’argiles ( vous dites pour « empêcher de couler » mais je crois que c’est l’inverse). La précipitation prend 5-10 minutes au lieu de quelque semaines. L’eau trouble par l’argile en suspension devient limpide, les argiles se déposent sur les limons en quelques minutes ( au lieu de quelques semaines sans ajout de Na). Avez-vous essayé d’ajouter la soude ou du sel de cuisine après que les sables et limons ont sedimenté ??? Ce test de la floculation permet justement de déterminer si on est en présence d’argiles TOT ( montmorillonite, illite, etc…)qui floculent avec du Na ou de Kaolinite qui ne flocule pas mais se dépose rapidement sans ajout de Na. La kaolinite ayant des propriétés moins intéressantes que la montmorillonite pour les cultures. Il faut savoir que les types d’argiles ne sont pas fixent et se remineralisent d’une forme à l’autre en permanence en fonction de la profondeur et de l’activité chimico-biologique etc….

    1. Bonjour ! 🙂 Merci pour ce commentaire très constructif, nous allons nous pencher sur la question, auriez-vous des liens bibliographiques à nous suggérer ? 🙂

      1. Merci pour votre retour 😉 je voudrais rectifier ce que j’ai ecrit plus haut; car en relisant mes sources que voici:

        floculation des argiles: http://jymassenet-foret.fr/cours/pedologie/PEDO3.pdf et http://jymassenet-foret.fr/cours/pedologie/PEDO5.pdf

        pour la reconfiguration minerale dynamique des argiles: https://www.u-picardie.fr/beauchamp/mst/sol.html

        il apparait que vous avez entièrement raison, les ions OH- contenus dans la soude ont un effet dispersant sur les argiles et les forcent à rester en suspension dans l’eau. Le cation Na+ a quand à lui un effet floculant mais son pouvoir est trop faible pour s’opposer à l’effet dispersant des ions OH-. Par contre le sel de cuisine NaCl ne contenant pas d’ions OH- mais que du Na+ ( et Cl qui est inerte sur la floculation) flocule bien les smectites et les illites.

        Les meilleurs floculants sont les cations à valence +2 ou +3 idéalement le calcium Ca2+. Pour avoir moi même fait floculer de la montmorillonite avec du sel NaCl ca marche de façon spectaculaire 🙂 mais vous avez raison, la soude a bien un pouvoir dispersif sur l’argile. Je complète donc votre propos en précisant que pour accelerer le processus de sedimentation de l’argile, et determiner son type, l’ajout de sel de cuisine fera floculer les smectites et les illites mais pas les kaolinites. Bonne journée!

        1. Ok, merci pour les précisions 🙂 Du coup on va voir pour faire des tests de différenciation des argiles, ça intéressera sûrement les lecteur.trice.s 🙂

  2. Bonjour, merci pour ce test très pratique.
    Il y a une petite erreur dans l’exemple qui peut perturber, dans les chiffres que vous prenez la composition devrait être de 39,5% d’argile.
    Bonne journée

    1. Bonjour ! 😀 Merci, effectivement c’est bien 39,5% d’argiles, ce doit être une erreur de frappe, sur les schémas nous avons indiqué la bonne valeur ^^ Merci pour votre attention ! 😀

  3. Bonjour,
    lors de mon test il y a eu une forte réaction entre l’eau oxygénée et la terre (trop d’humus j’imagine), ce qui a eu pour conséquence de fondre les bouteilles qui étaient en plastique, mais surtout de générer une très forte pression dans celle qui était en verre. Je l’avais noté donc j’étais plutôt prudent. Mais j’ai sous-estimé la pression générée et en fin d’expérience lorsque j’ai amorcé le débouchage ça m’a littéralement sauté au visage. Rien de grave car j’étais vigilant, je me suis rapidement rincé les yeux et je me suis tapé le nettoyage de la cuisine qui a entièrement été repeinte façon scène de crime 🙂
    Mais je me disais qu’il fallait peut-être prévenir les gens, ça peut vite être dangereux. Je pense qu’au moindre choc la bouteille en verre m’aurait explosé à la figure.
    Bonne soirée

    1. Bonjour ! Effectivement il y a du y avoir un fort dégagement d’oxygène à cause de beaucoup d’humus :-/ Du coup on a quelques questions pour corriger le tuto 🙂
      Savez-vous quelle concentration d’eau oxygénée vous avez utilisée ?
      Est-ce que vous avez attendu entre l’étape 2 et 3 qu’il y ai un dégazement ou pas du tout ? 🙂

      Par contre, la fonte du plastique n’est pas normale et ne peut pas être due à la réaction eau oxygénée / humus : elle produit du CO2 et de l’eau, mais pas de chaleur, pour ça on pense + à la soude (elle produit une réaction exothermique avec l’eau). L’avez-vous bien mélangée dans un récipient à part, d’abord la soude puis l’eau ? 🙂

      Merci d’avance pour ces précisions 🙂 On corrigera en conséquence !

      1. Bonjour,
        désolé si j’ai tardé je n’ai pas reçu de mail de notification suite à votre réponse.
        L’eau oxygénée était concentrée à 35% (c’est probablement élevé car ce n’est pas le produit qu’on applique habituellement sur les plaies à désinfecter).
        J’ai très peu attendu entre les deux étapes. Et j’ai bien mélangé la soude puis l’eau à part. Par contre là encore j’ai peu attendu, possible que le mélange était très chaud quand je l’ai mis dans les bouteilles.

        J’ai réitéré aujourd’hui : j’ai bien attendu qu’il n’y ait plus de bulles, et je me suis re-fait avoir (mais cette fois j’étais en extérieur, pas folle la guêpe) 🙂 et j’ai compris ce qui s’était passé les deux fois : Lorsque je me mets à secouer la bouteille, l’eau oxygénée atteint je pense des zones de terre encore sèches alors que le bouchon est fermé, ce qui déclenche une production de CO2 et met la bouteille sous pression. Cette fois c’est le hamac de ma femme que j’ai repeint 🙂

        En faisant des recherches suite à vos questions, je pense que mon problème vient de mon peroxyde d’hydrogène qui est beaucoup trop concentré. J’essaierai de réitérer en le diluant x10, et je reviendrai donner le résultat ici pour que vous puissiez préciser une concentration raisonnable.

        Bonne soirée
        Lorenzo

        1. Bonjour, merci de votre réponse 🙂 On attend la suite avec impatience (notre eau oxygénée était dosée à 10 volumes, ce qui équivaut à une concentration de seulement 3%)

          1. Bonsoir,
            comme promis je reviens vous conter la suite de mes aventures 🙂
            J’ai donc refait l’expérience avec du peroxyde d’hydrogène à environ 3%. Ça mousse quand même beaucoup, donc j’ai attendu que ça se calme (la bouteille a vomi de la bouillasse pendant bien 2 minutes).
            Ensuite j’ai bien remué avant la suite, pour que le peroxyde d’hydrogène atteigne toute la terre, il y a eu de nouveau dégagement de CO2.
            Enfin quand tout semblait stable j’ai ajouté la solution de soude, et là plus aucun problème de dégagement de CO2.

            Conclusion : le problème venait à mon sens de deux facteurs concomitants :
            – Terre dense, dont une bonne partie n’était atteinte par le liquide que lorsque je remuais vigoureusement (et donc bouteille bouchée).
            – Concentration de peroxyde d’hydrogène trop élevée, qui faisait que même après ajout de la solution de soude pour remuer la concentration était encore largement suffisante pour générer un très fort dégagement de CO2.

            En tous cas là ça a fonctionné, je vais attaquer les autres zones à tester.
            Merci pour votre aide !

            Lorenzo

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