Les Dossiers de Micro & Macro – Les Myriapodes du sol

Quelle peut bien être la place des « mille-pattes » dans les écosystèmes ? Micro & Macro font le point !

1 – Micro-bio : Définition et histoire des myriapodes du sol

2 – Au Microscope : Morphologie et cycle de vie des myriapodes du sol

3 – Biocénose : Place des myriapodes du sol dans le réseau trophique

4 – Macrorama : Fonctions écologiques des myriapodes du sol

5 – Envie d’agir ? Cultiver avec les myriapodes du sol et favoriser leur présence

6 – Bibliographie

7 – Pour citer ce document

 

 

MicrobioDMMP

Qui sont les myriapodes du sol ?

Myriapodes du sol Objet5

Communément appelés “mille-pattes”, les myriapodes sont de petits arthropodes mesurant de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres (pour les espèces tropicales).

Les arthropodes se caractérisent par leur corps segmenté recouvert d’une carapace rigide (appelée exosquelette) et par la présence de pattes et d’appendices articulés. Les myriapodes se différencient des insectes car ils possèdent plus de 6 pattes (de 18 à 750 selon les espèces). Ils possèdent une paire d’antennes mais jamais d’ailes.

Les myriapodes sont tous des animaux terrestres, on les retrouve dans les premiers centimètres du sol et dans la litière. Généralement, ils fuient la lumière et préfèrent les milieux humides bien que certaines espèces puissent se retrouver dans la canopée.

On connaît plus de 12 000 espèces de milles-pattes dont la majeure partie est issue de la classe des Diplopodes. Ce sont pour la plupart des animaux décomposeurs (se nourrissent de matière végétale en décomposition, d’excréments et d’animaux morts) mais aussi des prédateurs d’autres petits animaux (chenilles, limaces, etc…).

 

Histoire des myriapodes du sol

Les plus anciens fossiles de myriapodes datent du Dévonien (environ – 400 millions d’années). Ils appartiennent pour la plupart au groupe des archipolypodes, proches voisins de nos diplopodes actuels, qui étaient probablement amphibies (capables de vivre à l’air ou dans l’eau).

 

 

AuMicroscopeDMMP

Morphologie des myriapodes du sol

 

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La tête des myriapodes possède une paire d’antennes et une bouche munie d’une ou plusieurs paires de mandibules qui lui servent à déchiqueter les aliments. Ils peuvent posséder des yeux simples, des ocelles (organes de perception photosensibles) ou êtres aveugles.

L’abdomen et le thorax sont indifférenciables à l’oeil nu et sont constitués de nombreux segments (de 12 à plus de 100 selon les espèces) pouvant chacun porter une ou deux paires de pattes (sauf le premier segment qui en est dépourvu).

Selon les espèces, les orifices génitaux sont situés dans les premiers ou les derniers segments du tronc.

On a divisé les myriapodes en 4 classes :

Les diplopodes

Myriapodes du sol Objet2

Ce sont les plus nombreux (environ 8000 espèces). Ils sont principalement caractérisés par la présence de deux paires de pattes par segments (leur nom signifiant « deux paires de pieds ») et par la capacité à émettre des substances toxiques pour se défendre grâce à des glandes spécifiques appelées glandes répugnatoires.

Exemple : iule.

 

Les chilopodes

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Leur nom « chilopodes », vient de « chilo » qui signifie « mille » et « pode » qui signifie « pied ». Ils arrivent seconds en nombre d’espèces (environ 3500). Ils ne possèdent qu’une paire de pattes par segments mais portent sur le premier des crochets à venin appelés « forcipules ».

Exemple : scolopendres.

Les symphyles

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Cette classe comporte environ 150 espèces. Ils ne mesurent que quelques millimètres et sont blancs et aveugles. Ils présentent toujours 12 paires de pattes.

 

Les pauropodes

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Cette classe comporte environ 400 espèces. Ce sont les plus petits myriapodes (moins de 2 millimètres), ils sont également blancs et aveugles mais ne présentent que 9 à 10 paires de pattes (d’où leur nom, « pauro » signifiant « peu » et « podes » « pieds »).

 

 

Cycle de vie des myriapodes du sol : la nutrition

La plupart des diplopodes sont végétariens : ils apprécient ainsi les déchets végétaux (détritivores), parfois les plantes et champignons vivants (phytophages et mycophages). Quelques espèces peuvent être nécrophages (se nourrissent de cadavres), coprophages (se nourrissent d’excréments) ou encore carnivores.

La classe des chilopodes est constituée de prédateurs carnivores, ce qui explique la présence de crochets à venin (exemples : scolopendre, scutigères, lithobies). Ils apprécient les larves d’insectes, les limaces, les vers, les pseudo-scorpions, les diplopodes, etc…

Les symphyles sont omnivores. Ils chassent des petits arthropodes (acariens) ou des nématodes mais consomment aussi de la matière végétale en décomposition ainsi que des racines et des jeunes pousses.

Les pauropodes se nourrissent de substances fluides, le plus souvent ils sont saprophytes et aspirent les sucs de matières végétales en décomposition.

 

Cycle de vie des myriapodes du sol : la reproduction

La reproduction sexuée est la norme chez les myriapodes (seule une espèce de diplopode se multiplie par parthénogenèse : la femelle pond des œufs qui se développent sans être fécondés). Cependant, la rencontre entre gamètes mâles et femelles se fait par différents moyens suivant les espèces. En effet, seuls les diplopodes pratiquent un accouplement direct. Dans les autres classes, les mâles fabriquent une capsule contenant les spermatozoïdes : le spermatophore. Ce spermatophore peut ensuite être transmis à la femelle directement (par exemple, dans le groupe des lithobies, la femelle vient récupérer le spermatophore sur le dos du mâle) ou laissé sur une toile tissée par le mâle parfois même directement sur le sol (c’est le cas dans le groupe des scutigères), la femelle venant le récupérer ensuite. Chez les symphyles, la femelle garde le spermatophore dans sa cavité buccale et féconde elle même ses œufs lors de la ponte. La période de reproduction se déroule au printemps et à l’automne. La ponte a lieu quelques semaines après la fécondation et la femelle continue souvent de veiller sur ses œufs jusqu’à leur éclosion (en moyenne un mois après la ponte).

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Selon les espèces, les jeunes mille-pattes vont subir des mues plus ou moins importantes pour atteindre le stade adulte.

 

 

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Fonctions écologiques des myriapodes du sol

 

Des organismes décomposeurs

Leur action se situe en amont du recyclage du matériel organique. En effet, la plupart des mille-pattes sont détritivores, ils consomment les végétaux et animaux morts de la litière ainsi que leur excréments. Ce type de régime alimentaire entraîne une fragmentation de la litière en particules de plus en plus petites, ces dernières devenant alors plus accessible à l’action des bactéries et champignons (permettant d’engager ainsi la minéralisation et la création d’humus).

 

Des organismes régulateurs

La classe des chilopodes comporte de redoutables prédateurs carnivores aux préférences très variées. Leur appétence pour les vers, œufs, larves et autres organismes potentiellement pathogènes participe à la régulation de ces derniers.

 

 

Cultiver avec les myriapodes du sol

Bien que les espèces phytophages puissent provoquer des dégâts sur les cultures (jeunes plants, racines), cela ne se produit que lorsqu’elles sont en surnombre. Globalement, les mille-pattes sont donc plutôt considérés comme des alliés du cultivateur.

On constate souvent une augmentation de leur population à l’automne et au printemps (saison de reproduction) et par temps humide. Ils sont alors un des facteurs limitants du développement des limaces et autres gastéropodes qui pullulent à la même saison.

 

Favoriser la présence de myriapodes du sol

Les mille-pattes apprécient les sols peu travaillés, riches en matériel organique peu décomposé. Ils aiment l’humidité et craignent le soleil.

Pour favoriser leur présence, il faut donc :

  • proscrire le labour et éviter le travail du sol (pour ne pas les faire fuir)
  • couvrir le sol (pour préserver l’humidité)
  • apporter du mulch ou faire du compostage de surface (pour les nourrir)
  • laisser des grosses pierres, des vieilles souches d’arbres (pour leur servir de refuge)


 

 

 

 

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PRUVOST G., Les Dossiers de Micro & Macro – Les Myriapodes du sol [en ligne], Chez le Père Magraine, 17/03/2018 [consulté le XX/XX/XXXX], disponible sur : https://chezleperemagraine.com/blog/micro-macro-myriapodes-du-sol/

Il vous suffit de remplacer « XX/XX/XXXX » par la date à laquelle vous avez consulté cet article 🙂

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